Plantage du décors. Un jeune homme, séduisant, la vingtaine, qui marchant d'un pas déterminé jusqu'à la gare de Meudon où il va devoir attendre son train une quinzaine de minute dans le froid d'un dimanche après-midi (environ 17h30) de décembre. La nuit est déjà tombée.
Décors planté, tout le monde l'aura compris, ce séduisant garçon... c'est moi ! Bon ok, à agrémenter, selon les goûts de chacun, on peut retirer une ou deux dents pourris, virer les cheveux gras, retirer les lunettes, les cicatrices au visage, vestige d'un traitement contre l'acné complètement foiré, on peut aussi mettre tout ça dans un décors plus chaud, admettons une plage, des cocotiers, et là voilà, le loveur, stéréotype du beau gosse qui attire les groupies fans de Tokyo Hotel ! Ah Ouais mais là non, j'peux au moins dire une chose : c'est plus moi ! lol.
Bon enfin j'arrête mon délire schyso-naïf de nombriliste et j'en viens au fait : ce jeune homme séduisant n'a pas de portable en état de marche. Qui dit pas de portable, dit suppression du tic débile qui consiste à sortir sa boîte à onde machinalement de sa poche dès qu'on n'sait plus quoi faire. Mais alors que faire ? Qu'est-ce qu'il faisait ce garçonnet deux ans plus tôt, quand la vague de la télécommunication intensive ne l'avait pas encore touché ? Que faisait-il lorsqu'il n'avait ni papier ni crayon, ni mp3, ni archos, ni portable, ni personne avec qui converser ? Eh bien il pensais. Et le voilà, dans un retour en arrière, rétrospective d'une façon de vivre oublié pour cause de "surmenage" dira-t-on... Il est vrai qu'allumer un MP3 prend parfois tellement de temps qu'on peut qualifier cet acte d'irréalisable dans le froids de décembre. Mais là n'est pas la question n'est-ce pas ?
Et alors cette réflexion elle vient ?
Oui ok, donc à quoi aurais-je bien pu penser à ce moment là... ? Oh plein de choses ! Mais particulièrement cette idée que j'ai déjà introduite, qui consiste donc à se demander "comment était la vie sans portable... ?"
Et alors comment ? Bein elle était probablement moins active, mais peut-être un brin plus savoureuse ! Je m'explique. Et je précise aussi d'ailleurs : cette "analyse" n'est que le fruit d'un point de vue strictement personnel qui n'est pas forcément représentatif d'une population générale... comme je me plais à le penser paraît-il (et sa me convient) : je suis unique en mon genre (qui plus est séduisant ! mdr, c'est si bon).
Donc je disais : je m'explique.
Une vie sans portable. On ne communique par ces moyens là que par extrême obligation, et on préserve un sens de l'observation aiguisé. Démarche des gens, positionnement du corps, des bras, occupation, tout peut permettre de penser beaucoup de chose. On peut penser ainsi qu'une personne sur un quai peut être triste, heureuse, cette même personne peut-être en grande lecture, à ce moment là sa tenue vestimentaire prends des aires de divertissement : "Chaussures noires ? tiens, MOI aussi ! Et les autres ? Ah !!! mais on a tous des chaussures noires ! Je suis un mouton ? On est tous des moutons ? Ou alors on cultive tous cette contre-culture de vouloir éviter à tout prix le ridicule physique (et ce n'est qu'un seul domaine) de la "caille-ra" des "quartiers chauds"... Ou alors... ou alors... ou alors... En fait des choses on s'en dit plein. Et on s'autorise à penser tout ce qu'il est interdit de dire tout haut ! "Ah elle est vraiment pas belle sa casquette ! Pfou ! avec une moustache comme sa il n'a pas à avoir peur des dents jaunes !" et j'en passe. C'est fun d'ailleurs ! On peut même s'amuser de propos racistes, pourquoi pas, pris à la rigolade, tant qu'on garde sa conviction personnel, sans autre jugement que le siens, à ce moment là... on peut penser raciste ! on peut du moins se l'autoriser. Mais dès que ces pensées sortent de la tête et passent sur internet par l'intermédiaire de mon clavier, il faut absolument prendre des gants, et expliquer à quel moment précis on est sérieux, et à quel autre moment on n'l'est pas. Si je marque cette phrase là par exemple, "les américains sont tous des cons", personne n'est choqué, on sait que je blague. En revanche si je sors une atrocité du genre "les blacks sont sales", là on me lynche, même si je dis haut et fort que c'est une phrase à prendre au second degré, et même si mes convictions m'interdisent de penser la moindre des lettres de cette phrase. D'où le problème du portable, voir d'internet, problème que l'on peut découvrir avec le téléphone bien que moindre : la déformation des propos est énooorme dès que l'on sors d'un contexte de conversation directe ! Et voilà ce que le portable m'aura démontré d'ailleurs, il est bien plus dangereux de dire ce que l'on pense par sms ou par mail que de le dire à l'oral. L'oral implique deux personne. Une personne qui parle et une autre qui écoute. Et cet écoute n'existe plus dès qu'elle passe à l'état de "lecture", car la lecture implique une analyse personnelle et l'analyse personnelle, on le voit avec les journeaux, la télévision ou la radio, peut différer énormément d'une personne à l'autre. Lorsqu'on veut se faire un avis sur un sujet, le mieux reste de s'informer, et d'étudier tout les points de vue possible, avec dans l'idée de piocher le bon dans chaque parti et d'en faire un mixe de bonne choses pour sa pensée personnelle...
Bon ceci étant dis, je peux aussi rester dans le droit chemin du sujet que je m'impose pour ce billet. Et donc j'en reviens à mes moutons : Le portable... Bons et mauvais côté, acte deux :
Le vide ! Bein oui, parce que c'est comme tout. Quand on n'en a pas, on s'dit qu'on n'en a pas besoin, on n'a pas forcément envi de l'avoir et on se permet même de le critiquer (peut-être à raison, peut-être à tord, après tout quand on n'en n'a pas on n'sais pas de quoi on parle), et on reste enfermé dans une bulle, seul contre tous, qui eux, ont des portables (ah, mes chères moutons !). Et voilà, que habitué à cette contagieuse boîte à onde, et soudainement privé, je me rends compte de l'impacte qu'elle a sur moi : l'antispinoziste royalement spinozé, et le pire c'est qu'il s'en fous (ainsi... ce n'est pas le pire lol). La grande question est donc : "suis-je capable d'un retour en arrière, ou pas ?" Dans les fait, tout le monde est capable d'un retour en arrière. Tout être vivant possède cette incroyable faculté de s'adapter et de faire avec ce qu'il a, et tout particulièrement l'être humain, ce qui fait cette particularité qu'il a de dominer le monde (beaucoup ne saisissant pas cette idée ne voient pas la chance qu'ils/elles ont d'être nés humains !) Bon dans les faits, tout le monde en est capable. Après, pourtant demeure un problème, c'est que tout le monde en est capable si tout le monde en est privé, sinon entre le problème de la jalousie en compte. La méchante jalousie, qui nous fait dire tant de grossiertées. L'envie qu'on peut avoir de posséder tel ou tel objet que d'autres ont mais qu'on n'a pas. Celle-là même qui creuse le grand fossé entre les gens riches, qui ne supportent pas ceux qui n'ont pas de moyens, et ceux qui justement n'ont pas de moyens, qui ne supportent pas leurs "opposés". Combien de fois j'ai entendu dans ma vie des débilités comme "il est friqué comme gars, il pourrait ci ou ça". Celui qui ne connais pas la richesse refaisant le monde à sa façon communiste, désirant une partie de cette richesse. Et inversement, combien de fois j'ai pu entendre des débilités genre "sans nous la classe plus pauvre (les fameux gants de tout à l'heure) n'aurait ni travail, pas de vie, sans la 1ère classe, la troisième n'existerait pas". Faux, faux, et archi-faux ! Tout le monde est né avec le même pied d'égalité (je parle à grande échelle hein, la naissance de l'être humain, j'suis parti dans ma philo, j'y reste). Seulement certains ont su profiter plus que d'autre. Une histoire de QI ? Non sûrement pas. Ce n'est pas le quotient intellectuel qui fait la personne. En revanche ce qui fait la personne, c'est cette faculté de profiter de tel ou tel situation pour grimper le piédestal et toujours grimper plus haut, s'offrant une vie toujours plus belle.
Oh là tu vas un peut loin quand même ! "Une vie toujours plus belle". Alors comme ça, monsieur je sais tout, tu pense que c'est en se mettant en avant qu'on vit mieux ?"
Bein c'est une interprétation, on n'est pas face à face pour en parler, chacun le voit à sa façon, positivement... négativement, et chacun connaît sa propre position, l'argent fait le bonheur ? l'argent ne fait pas le bonheur ? l'habit ne fait pas le moine ? L'habit donne un premier avis sur la personne... ? Chaque position se défend, ce qui fait la beauté d'un débat c'est justement qu'il y a plusieurs points de vue à étudier, à écouter et sur lesquelles réagir... Impossible de débattre par portable.
Et si mon portable avait fonctionné hier soir, tout sa, bein sa m'serais passé au dessus de la tête. Le jeune homme séduisant (sisi j'y tiens lol), se serait assis, comme à la mode : plié en deux, les jambes formant un équart, les coudes posés sur les genoux, les yeux rivés sur une "boîte-passe-temps-lobotomisante"... Il aurait écrit quelque messages débiles histoire de faire rire la galerie, il aurait relu quelque'autres messages, et puis voilà, son train serait arrivé.
Mais putain qu'est-ce que sa m'a fait chier d'le voir tomber en panne !!!!